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ASSISTANTE : D’UN RÔLE EXÉCUTIF À UNE FONCTION STRATÉGIQUE

Depuis plus de 20 ans nous sommes interrogées sur la disparition du métier d’assistante (une profession encore très majoritairement féminine) ! Pourtant, l’assistanat est aujourd’hui devenu une fonction clé, stratégique et résolument moderne, même si quelques-uns continuent à penser qu’il s’agit « juste » d’organiser des réunions et de répondre au téléphone.

Avant 2000, les missions reposaient essentiellement sur la gestion de l’agenda (double agenda papier pour ceux qui s’en souviennent, à tenir au crayon et à la gomme !), des appels à recevoir et à émettre (sans la mobilité rendue possible par les téléphones portables), le suivi de dossiers et des fameux parapheurs, le tout avec la confiance de son dirigeant : une fonction nécessairement plus dans l’exécution. Désormais, c’est devenu un rôle pivot, au cœur des organisations, qui nécessite une vision globale, une grande autonomie et une compréhension fine des enjeux de l’entreprise.

L’arrivée du numérique a en effet transformé notre quotidien : internet, mails et agenda électroniques sont venus remplacer les fax et les piles de dossiers, et faire gagner un temps précieux, permettant ainsi de libérer de la « bande passante » pour des missions complémentaires, touchant plus au fond des sujets. Ainsi, l’assistant(e) est devenu(e) un véritable chef d’orchestre digital, capable de jongler entre plusieurs plateformes, garant(e) de la coordination, de la fluidité de l’information, toujours au service du collectif.

Quand tout va bien, on ne le remarque pas. Quand rien ne fonctionne, son absence se fait cruellement sentir !

La digitalisation n’a pas simplifié le métier : elle l’a intensifié, complexifié.

Le rôle s’est élargi : coordination de projets, gestion d’événements, communication interne, suivi budgétaire, parfois même ressources humaines ou marketing. C’est une fonction clé, et les compétences attendues dépassent l’expertise technique qui, elle, reste incontournable !

Gestion du stress, intelligence émotionnelle, anticipation, sens politique, capacité à prioriser dans l’urgence ; ces compétences, longtemps invisibles, sont pourtant essentielles pour accompagner au mieux les managers et dirigeants. Ce savoir-être n’est pas « inné » : il se construit, s’affine et se professionnalise. D’ailleurs, le niveau académique est plus élevé qu’auparavant : les assistant(e)s diplômé(e)s de grandes écoles ou de masters sont loin d’être des exceptions, contribuant aussi à faire évoluer la fonction. Légitimement, leurs attentes ne sont plus les mêmes, conscient(e) d’apporter une valeur ajoutée qu’ils ou elles cherchent à déployer. Cela se ressent également sur la relation assistant(e)/managers désormais moins hiérarchique. Plutôt considéré(e) comme un(e) « business partner », l’assistant(e) n’exécute plus seulement : il ou elle propose, alerte, optimise. Bref, un véritable copilote, sans jeu de mots 😉

Une constante demeure cependant : la capacité à gérer l’imprévu ! c’est un métier de sang-froid et d’agilité, dans lequel il faut savoir habilement décaler 5 fois un rendez-vous sans heurter son interlocuteur, savoir dire non avec tact, trouver une solution de rapatriement d’urgence pour une directrice « coincée » à l’autre bout du monde, …

L’assistanat, c’est l’art de rendre l’impossible presque banal !

C’est un métier exigeant, évolutif, hélas encore trop souvent sous-estimé… mais absolument indispensable. À l’heure où l’intelligence artificielle vient bousculer les habitudes, et automatiser certaines tâches, la valeur ajoutée de l’assistant(e) devient encore plus humaine, plus relationnelle, plus stratégique.

Pourtant, malgré cette montée en compétences, la reconnaissance peine à suivre.
Rémunérations, évolution de carrière, visibilité interne : les écarts persistent entre la valeur réelle du métier et la perception qu’on en a.

Nous en sommes convaincus, cette fonction ne disparaîtra pas : elle continuera à se transformer et se renforcer, à condition que les organisations et leurs dirigeants choisissent, en la reconnaissant à sa juste mesure, de lui donner un peu plus de lumière.

Parce qu’il y a autant de styles de dirigeants que de contextes professionnels, il y a nécessairement autant de manières d’exercer le métier d’assistant(e). Si l’évolution des outils a transformé les modes de communication, l’un des fondamentaux reste la capacité à relier les personnes. L’assistant reste ce point d’ancrage humain, garant de la cohérence, de la circulation de l’information et de la qualité des relations au sein de l’organisation.

Fabienne Kirstetter

Author Fabienne Kirstetter

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